Les Filles de la Sagesse

Communauté de l'hôpital un an après sa fondation (1954)        Retrouvailles de la communauté de l'hôpital devant la résidence Marie-Louise (1985)

           La communauté de l'hôpital un an                     Retrouvailles de la communauté de l'hôpital
                   après sa fondation (1954).                              devant la résidence Marie-Louise (1985).
     (Photo : Archives de l'Hôpital Montfort)                     (Photo : Archives de l'Hôpital Montfort)

 

À l’hiver 2013, suite à une demande de la direction générale de l’hôpital, Sœur Linda Joseph, supérieure générale des Filles de la Sagesse, fait appel aux religieuses qui ont œuvré à l’Hôpital Montfort pour les inviter à fournir des témoignages sur leurs expériences professionnelles. Une vingtaine de religieuses répondent à l'appel et partagent leurs réminiscences.

Ces religieuses ont travaillé, comme employées et bénévoles, à partir de l’hiver 1952 pour mettre sur pied les départements, services et unités de l’établissement. Les Filles de la Sagesse administrent l’hôpital de 1953 à 1969 et elles occupent des postes variés comme ceux de commis, secrétaires, adjointes, administratrices, nutritionnistes, techniciennes médicales et infirmières. Elles travaillaient souvent sept jours par semaine et logent à l’hôpital. Le 6e étage était d’ailleurs entièrement réservé à la communauté jusqu’en 1971 et il comprenait des dortoirs, de nombreuses chambres, un parloir, une salle communautaire, un réfectoire, une salle d’étude, une bibliothèque, une cuisine, une infirmerie, une lingerie et le bureau de la supérieure.

La dernière religieuse membre des Filles de la Sagesse ayant travaillé dans un poste rémunéré à l'Hôpital Montfort a pris sa retraite en 1998. Il y a encore en 2013 quelques religieuses qui offrent leurs services comme bénévoles.

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Des Filles de la Sagesse se souviennent de leurs années à l’Hôpital Montfort

« Nous sommes arrivées […] bien avant l’ouverture, en octobre 1953, pour aider à monter les lits, à installer la literie et à préparer les chambres des patients. […] Il régnait une atmosphère bien spéciale… surtout avec l’arrivée du premier bébé, Louis‑Marie Côté, par la porte d’en arrière, alors qu’on célébrait l’inauguration officielle en avant. »
Marielle Campeau‑Kistemaker (Sœur Maurice de l’Enfant‑Jésus)

« Mon service à la buanderie a débuté brusquement, car pendant la cérémonie d’inauguration, nous avons eu le premier accouchement : la lessive a commencé dès le lendemain. Pas de temps mort dans ce service : une fin de semaine, nous avions cinquante bébés à la pouponnière. Un matin, surprise : une chatte avait mis ses petits entre deux rouleaux de la repasseuse! »
Sœur Fabiola Serré (Sœur Louise de la Sagesse)

« Dès le début, l’entraide a constitué la caractéristique de l’Hôpital Montfort. Tous les départements collaboraient au service de l’ensemble pour le plus grand bien des malades. »   
Sœur Marguerite Piperno (Soeur Térésa)

« Un souvenir important pour moi est le moment de la messe à l'interphone pour les patients. Après la communion, j’avais le privilège de prier pour eux au micro. »
Sœur Lois Mathieu (Sœur Gilles de la Trinité)

« Docteur Émile Tessier, radiologiste, était salarié et l’argent se faisait rare à ce moment‑là de l’histoire de l’hôpital. Son salaire était donc comptabilisé et versé quand il y avait des fonds dans la cagnotte. Un jour, DTessier s'est pointé chez l’administratrice en lui disant qu’il avait besoin d’un peu d’argent pour aller faire son épicerie... »
Sœur Aline Leduc (Sœur Paul‑Marie de l’Immaculée)

« Tous les ans, nous avions des Dames Auxiliaires qui s’occupaient d’un ‘Garden Party’ pour ramasser un peu d’argent.  Le tout se préparait à la cuisine.  Nous avions 18 belles tables, bien décorées, sur le terrain de la maison grise où vivent encore des Filles de la Sagesse. »
Sœur Fernande Quesnel (Sœur Rose de la Sagesse)

« À l’ouverture de l’hôpital, j’ai été affectée à la comptabilité, au bureau administratif. Comme j’étais bilingue, on m’a confié la responsabilité, entre autres, de communiquer avec le Community Nursing Registry pour réserver les services d'infirmières en pratique privée. Je devais aussi remplir les formulaires du gouvernement de l’Ontario, qui n’étaient disponibles qu’en anglais à cette époque. J’ai fait beaucoup de secrétariat à l’administration. J’ai même formé plusieurs secrétaires en les initiant aux protocoles opératoires et aux rapports de pathologie. En 1956, j’ai été nommée directrice générale adjointe, poste que j’ai occupé jusqu’en 1965. »
Sœur Rita Dénommée (Sœur Rita de la Trinité)

« Je suis arrivée à l’Hôpital Montfort au début de février 1955, soit un an et demi après l’ouverture. Il y avait une belle ambiance parmi les employés. […] Comme la cafétéria était la seule salle de réunion assez grande à l’hôpital, tout se faisait là. À  Noël, il y avait des cadeaux pour tous les enfants des employés. Des mariages ont même eu lieu parmi nos employés qui se sont rencontrés à l’hôpital. »
Sœur Madeleine Charles (Sœur Marie‑Angèle du Sacré‑Cœur)

« J’ai suivi mon cours d’infirmière à Montfort de 1964 à 1967. Comme jeune Fille de la Sagesse, je demeurais au sixième étage avec cinquante et quelques compagnes. Ces deux expériences nouvelles, vie communautaire et sciences infirmières, comportaient de gros défis tout en étant enthousiasmantes. »
Sœur Reine Pichette (Sœur Reine de Jésus Sagesse)

« Ce dont je me souviens, c’est que j’ai beaucoup aimé cet hôpital, même si nous avions parfois la responsabilité de gros services! Mais j’étais jeune à l’époque! Nos malades étaient très bien soignés. […]  Cependant, cela demandait un dévouement sans limites, parfois inhumain, car au début, nous n’avions pas de vacances pour refaire nos forces, ce qui était épuisant pour les santés un peu fragiles. »
Sœur Nicole Fortier (Sœur Nicole de l’Eucharistie)

« Mon passage à l’hôpital a été de courte durée, mais je m’y suis toujours sentie très à l’aise. L’atmosphère d’entraide et de jovialité entre nous, de respect amical avec les médecins, de l’ensemble, était fort agréable. Tout le monde mettait la main à la pâte, d’un département à l'autre, quand il s’agissait de prêter assistance. »
Sœur Gisèle Lambert (Soeur Gisèle du Précieux Sang)

« Les quatre dernières années de mon séjour à Montfort m’ont permis de […] réaliser un rêve […], celui de devenir infirmière. C’est ainsi que j'ai été du nombre des dernières diplômées de l’École d’infirmières, qui a fermé ses portes en 1971. »
Sœur Eileen Mathieu (Sœur Raymond de la Trinité)

« Je désire exprimer notre reconnaissance bien sincère… aux infirmières, de qui Jean‑Jacques Rousseau disait : “Une garde‑malade doit avoir le cœur d’une mère, le sang‑froid d’un médecin et la patience d’un saint“. Ce qui était vrai au 18e siècle l’est encore aujourd’hui. »
Sœur Noémi de Montfort, Rapport annuel de 1967

« Nous y avons mis des valeurs religieuses qui ont créé une atmosphère d’amour et de compassion pour tous les malades. »
Sœur Jeanne Lavallée (Sœur Daniella de l’Enfant-Jésus)

« Mon expérience dans ce milieu hospitalier – qui m’était inconnu auparavant – a créé en moi le désir de travailler auprès des malades.  Alors, plus tard dans ma vie, j’ai suivi un cours de préposé aux malades. »
Sœur Jeannine Fleurent (Sœur Rachel-Marie de la Sagesse)